La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) touche, selon les estimations, 4,4 % des Canadiens de 35 ans ou plus et se situait, en 2004, au quatrième rang des principales causes de décès au Canada tant chez les hommes que chez les femmes. L'inflammation persistante des petites et des grandes voies aériennes (le plus souvent causée par le tabagisme) entraîne une limitation du débit expiratoire, l'hyperinflation pulmonaire et, en dernier lieu, des complications respiratoires. Depuis la publication des lignes directrices de 2003, une foule de nouvelles données scientifiques sur le sujet ont été rendues disponibles. Après un examen de ces documents, les auteurs de la mise à jour de 2007 ont modifié certaines des recommandations initiales sur le diagnostic et le traitement de cette maladie complexe et en ont établi de nouvelles.
La MPOC est un trouble respiratoire causé en grande partie par le tabagisme et caractérisé par une obstruction progressive des voies aériennes, une hyperinflation pulmonaire, des manifestations systémiques et des exacerbations de fréquence et de gravité croissantes.
Le tabagisme est le principal facteur de risque de la MPOC, mais d'autres facteurs environnementaux, tels que les expositions professionnelles et la pollution atmosphérique, peuvent aussi être en cause.
Le diagnostic précoce, jumelé à des mesures d'abandon du tabac qui portent fruit, ralentit l'évolution de la MPOC et permet aux patients d'amorcer une pharmacothérapie qui atténue les symptômes et améliore l'état de santé général. Le dépistage de la MPOC au sein de la population n'est pas recommandé, mais l'Association pulmonaire canadienne suggère que les personnes de plus de 40 ans qui fument ou qui ont fumé soient soumises à une spirométrie s'ils répondent « oui » à n'importe laquelle des questions suivantes :
Le tableau 4 résume les différences cliniques entre l'asthme et la MPOC. Les caractéristiques cliniques décrites ci-dessus, combinées à une obstruction persistante des voies aériennes (démontrée par la spirométrie), suggèrent fortement un diagnostic de MPOC.
Il est possible que certains patients présentent une combinaison d'asthme et de MPOC (p. ex., les patients asthmatiques ayant des antécédents de tabagisme). Ces patients devront être sensibilisés sur une base individuelle et suivre un plan d'autoprise en charge personnalisé, et leurs attentes et objectifs thérapeutiques devront probablement être différents de ceux escomptés chez les patients atteints de seulement l'une de ces deux affections.
La prise en charge de la MPOC vise à empêcher la progression de la maladie, à réduire la fréquence et la gravité des exacerbations, à atténuer les symptômes, à améliorer la tolérance à l'exercice, à traiter les exacerbations et les complications de la maladie, à améliorer l'état de santé général et à réduire le risque de mortalité. Toute stratégie de prise en charge intégrée doit englober un volet sensibilisation, un programme d'abandon du tabac et une pharmacothérapie (figure 1).
ll faut personnaliser la sensibilisation à la MPOC en fonction de la gravité de la maladie. Autant le patient que les membres de sa famille doivent être sensibilisés. Les interventions doivent comprendre la transmission d'information sur la maladie ellemême, le partage des principes d'autoprise en charge, un programme d'abandon du tabac et des stratégies en vue d'atténuer la dyspnée.
Aussi souvent que possible, il faut conseiller aux patients de cesser de fumer et leur offrir les aides pharmacologiques à l'abandon du tabac.
Les bronchodilatateurs constituent la pierre angulaire du traitement de la MPOC. Voici en quoi consistent les recommandations en matière de pharmacothérapie (figure 2).
Le traitement à long terme par des corticostéroïdes oraux est déconseillé.
Prévention des exacerbations aiguës
Prise en charge des exacerbations aiguës
Réadaptation pulmonaire
Oxygénothérapie
Il faut offrir une oxygénothérapie continue de longue durée aux patients qui ont une MPOC stable et une hypoxémie grave (PaO2 de 55 mm Hg ou moins) ou lorsque la PaO2 est inférieure à 60 mm Hg en présence d'un oedème aux deux chevilles, d'un coeur pulmonaire ou d'un hématocrite qui dépasse 56 %.
Ventilation à pression positive non effractive
Les patients qui présentent des exacerbations légères ne tirent en général aucun bienfait de la ventilation à pression positive non effractive (VPPNE), mais cette dernière devrait être envisagée chez les patients qui ont une exacerbation grave (pH < 7,3). La VPPNE n'est pas indiquée chez les patients qui présentent les caractéristiques suivantes :
Chirurgie
Les critères d'admissibilité à la transplantation pulmonaire incluent :
Déficit en alpha1-antitrypsine
La MPOC est une maladie en grande partie évitable et traitable. Les récentes recherches ont amélioré la compréhension de cette maladie complexe et ont permis aux médecins de la diagnostiquer plus tôt et de proposer à ceux qui en souffrent des stratégies de traitement et de prise en charge plus efficaces.
Les renseignements qui précèdent constituent un résumé de la mise à jour de 2007 des Recommandations de la Société canadienne de thoracologie au sujet de la prise en charge de la maladie pulmonaire obstructive chronique. Les cliniciens sont invités à consulter le document intégral (voir O'Donnell DE, Aaron S, Bourbeau J, et al. Recommandations de la Société canadienne de thoracologie au sujet de la prise en charge de la maladie pulmonaire obstructive chronique – Mise à jour de 2007. Can Respir J 2007;14[suppl B]:5B–32B).
Depuis la publication des lignes directrices de 2007, le roflumilast, un inhibiteur de la phosphodiestérase 4 (PDE4), a été approuvé par Santé Canada à titre de traitement d'appoint aux bronchodilatateurs pour le traitement d'entretien de la MPOC grave*. Le recours aux inhibiteurs de la PDE4 est discuté dans les lignes directrices GOLD de 2012 (Global Strategy for the Diagnosis, Management and Prevention of Chronic Obstructive Pulmonary Disease)†.
O'Donnell DE, Aaron S, Bourbeau J, et al. Recommandations de la Société canadienne de thoracologie au sujet de la prise en charge de la maladie pulmonaire obstructive chronique – Mise à jour de 2007. Can Respir J 2007;14(suppl B):5B–32B.
Société canadienne de thoracologie, MPOC, http://www. lignesdirectricesrespiratoires.ca/guideline/maladie-pulmonaire-obstructivechronique.